LOLA MONTES

Affiche LOLA MONTES

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SYNOPSIS :

A la Nouvelle-Orléans, au milieu du XIXème siècle, un cirque gigantesque donne en représentation la vie scandaleuse de Lola Montès, alias comtesse de Landsfeld. Répondant aux questions les plus indiscrètes du public, sous la direction de son manager habillé en Monsieur Loyal, elle est contrainte de raconter dans quelles conditions elle a refusé pour époux le vieillard qu'on lui destinait, préférant s'enfuir avec le jeune amant de sa mère et comment, passant de lui à d'autres, elle connut des hommes célèbres, tels que Liszt, achevant sa prodigieuse et scandaleuse carrière en qualité de maîtresse attitrée de Louis II, roi de Bavière. Mais une telle femme ne pouvait que déchaîner les passions et même, en Bavière, la révolution. Après avoir été obligée de fuir, elle est réduite à la déchéance finissant dans ce cirque. Sa tragique conclusion se trouvera-t-elle dans le clou du spectacle, le grand saut de la mort ?

A PROPOS DU FILM :

Le film, à l’époque, désarçonne en brisant les règles de l’art cinématographique : Ophüls privilégie par exemple un cadrage étroit grâce à l’utilisation de caches (bien que le format soit en CinémaScope – 2,55 ), les couleurs sont volontairement saturées, la caméra est en constant mouvement… La notion la plus décriée sera l’utilisation de flashbacks inattendus, perturbant la compréhension du spectateur.

Le film sera tout de même défendu à sa sortie par les réalisateurs qui deviendront ceux de la Nouvelle Vague, qui le hisseront au rang de chef d’œuvre, vantant notamment son utilisation des couleurs en orfèvre, orchestrant une symphonie de rouges, de verts et de bleus. Truffaut écrit ainsi dans Arts : « Faudra-t-il combattre, nous combattrons. Faudra-t-il polémiquer, nous polémiquerons !», avant d’être rejoint par des cinéastes de renom tels Rossellini, Cocteau, Jacques Becker, Jacques Tati et quelques autres qui signèrent un manifeste en faveur du film.

Devant l’échec commercial du film à sa sortie, le film subit des transformations puis fut réduit et remonté suivant un ordre chronologique sans l’accord du réalisateur. En 1966, Pierre Braunberger racheta les droits du film aux enchères et reconstitua une version proche de l’originale. En 2008, grâce aux possibilités offertes par le numérique, la Cinémathèque française en collaboration avec les Films du Jeudi et Marcel Ophuls, la Fondation Thomson, avec le soutien du Fonds Culturel Franco-Américain a restauré une version fidèle à celle voulue par Max Ophuls, en restituant les couleurs, le son stéréophonique et le format d’origine.

MAX OPHÜLS

Max Ophüls, né en 1902, cinéaste français d’origine allemande a débuté sa carrière au théâtre en tant qu’acteur puis dans la production pour devenir directeur de création avec deux cent pièces à son actif. Il se tourne vers le cinéma en 1929, devient chef dialoguiste puis réalisateur. Ses premiers longs-métrages passent inaperçus mais il obtient en revanche en 1932 un grand succès avec Liebeleï, interprété par Magda Schneider (mère de Romy). Cette adaptation de Schnitzler témoigne de son goût pour la littérature mais aussi, déjà, de son talent à brosser le portrait de femmes amoureuses et blessées. Lorsqu'il arrive à Paris pour fuir le nazisme en 1933, c'est d'abord à une version française de Liebelei qu'il doit s'atteler. Il accepte ensuite de tourner des films de styles très variés et sur différents territoires avant de diriger Edwige Feuillere dans Sans lendemain puis De Mayerling à Sarajevo (1940).

Exilé aux Etats-Unis pendant la guerre, il y réalise un film avec Douglas Fairbanks puis revient à un registre plus proche de ses films européens avec Lettre d'une inconnue d'après Zweig avec Joan Fontaine et Louis Jourdan.

Après un nouveau projet avorté avec Garbo, il signe en France un cycle de films considéré comme l'âge d'or de son oeuvre : après La Ronde (1950), qui enchaîne de façon étourdissante plusieurs récits amoureux, vient Le Plaisir (1952), film à sketchs inspiré de nouvelles de Maupassant autour des pensionnaires d'une maison close. Sommet d'élégance ophulsienne, Madame de...(1953) offre à Danielle Darrieux un de ses plus grands rôles, celui d'une coquette prise à son propre piège. A chaque fois, la virtuosité de la mise en scène et le brio de l'interprétation n'excluent ni la cruauté des sentiments ni la violence des rapports sociaux. Il s'attelle alors à l'ambitieux Lola Montès avec Martine Carol, ou les amours, contées en flashbacks, d'une courtisane devenue objet de la curiosité populaire. Saluée par la Nouvelle vague, cette œuvre flamboyante, en Scope et en couleurs, se révèle un échec commercial retentissant. Malade, le cinéaste laisse les producteurs remonter le film contre son gré et repart en Allemagne, où il s'éteint peu après avoir mis en scène Le Mariage de Figaro.

REVUE DE PRESSE :

par Marie-Noëlle Tranchant

(...) un film hautement baroque, où Max Ophüls utilisait pour la première fois, avec quelle virtuosité, la couleur et le CinémaScope.

par Thomas Sotinel

"C'est le plus malheureux et le moins aimable des chefs-d'oeuvre."

par Jean-Baptiste Morain

"Le film fait preuve d'une ambition formelle extraordinaire."

L'Humanité*****

par Dominique Widemann

"Ophuls s'empare en virtuose de tous les possibles du cinéma."

Libération*****

par Gérard Lefort

(...) Lola Montès est un mystère au sens Moyen-Age. (...) Un propos bateleur qui renoue avec la vocation originelle du cinéma. (...) un art forain dont Max Ophuls est le saltimbanque magnifique.

par Pierre Murat

"Le film est magnifique. Et son coup de jeune le rend encore plus désirable."